AutomneS

Nous voici déjà à la porte de l’automne, après un été varié, qui nous a quelque peu bousculés entre périodes de canicule ou de fraîcheur peu habituelles. Pas facile pour les météorologues de faire des prévisions sûres dans ces conditions ! Pas facile aussi pour l’éditorialiste de ce petit journal à caractère chrétien d’écrire un texte sur ce thème : le mot automne ne figure qu’une seule fois dans la Bible… (Jude 12, où l’auteur compare à «des arbres qui, à la fin de l’automne, n’ont encore donné aucun fruit» les faux docteurs contre lesquels il veut avertir les chrétiens.

Il n’est pas question ici de mise en garde contre quelque danger qui pourrait mettre en péril la foi de nos lecteurs, mais simplement de comparer deux formes d’automnes que rencontrent les habitants de cette terre, d’où le S insolite de ce titre. En effet, le calendrier nous indique que le 21 septembre sera le premier jour de l’automne. Une belle saison qui peut inspirer la mélancolie dans le cœur de ceux qui regrettent les longues journées ensoleillées de l’été, les ciels bleus sans nuages qui permettent le passage des rayons UV qui viennent teinter les peaux de bronzages signes de bonne santé ! Mais l’automne est la saison des récoltes de fruits délicieux, du blé qui nous donnera le pain précieux et toutes sortes de bonnes choses, de la vendange de ces bons raisins dorés et juteux. Le moment de dire à Dieu notre reconnaissance pour tous ses bienfaits.

Le second volet de cette comparaison d’automne ne figure pas dans le calendrier et pourtant, il en dépend, d’une certaine manière. Ne dit-on pas qu’à un certain âge l’homme entre dans l’automne de sa vie ? C’est à ce moment-là que sonne généralement le temps de la retraite, récompense d’une vie de labeur, sous forme de rente qu’on appelle premier ou deuxième pilier. C’est aussi le temps où, presque insidieusement, les forces diminuent quelque peu. Si dans la nature les forêts prennent leurs belles couleurs, hommes et femmes voient leurs cheveux blanchir ! Les cheveux blancs sont l’ornement des vieillards (Prov. 20 :29). C’est peut-être aussi le signe que, si l’on est libéré des contraintes d’un emploi professionnel, on devient plus disponible pour donner de son temps au service de la communauté, de son prochain. Un privilège à ne pas manquer. Temps que l’on nomme de la sagesse ? Peut-être, mais surtout le temps de donner après avoir beaucoup reçu.

Pierre-André Combremont